Ma maison est en feu!

« Ma maison est en feu! Ma maison est en feu! Je suis en vie! Je suis en vie! » Voilà les paroles incessantes que je répétais au standardiste du 911, à moitié nue et trimbalant mes deux chats sous les bras à -30 degrés en ce 24 février, il y a déjà 7 ans.

Je ne suis pas de celles qui mettent un point d’honneur à soulever les anniversaires divers, encore moins ceux traumatiques. Pourtant, je ne peux passer à côté du 24 février sans que j’y pense, sans que je me rappelle ce moment où ma vie aurait pu s’arrêter à ce moment.

FIN

Répercussions de l’inconscient

Connaissant les rouages de mon cerveau, je ne suis pas dans le mode de victimisation de ce traumatique évènement, ne voulant le faire revivre à mes cellules corporelles avec tous les effets somatiques qui en découleraient. Par contre, mon âme me parle, au-travers mon inconscient, de tous les impacts que ce moment a eu sur mon cheminement personnel et sur ma guérison spirituelle. Ce moment de vie était nécessaire pour me faire grandir.

De nature positive, je vise toujours à orienter mes pensées vers les aspects positifs que les évènements peuvent m’apporter. Je voulais rénover ma maison et changer son mobilier, mais ne trouvais de solution financière pour réaliser ces projets. La vie m’amenait, selon mon regard positif, la possibilité de le faire au-travers le triste évènement du feu de ma maison. Bref, j’ai naturellement tendance à regarder les gains que je peux retirer des obstacles mis sur ma route plutôt que les pertes imposées.

Suite à ce feu, je gardais le cap avec ce regard positif de mes possibles. Du moins, mes pensées conscientes le faisaient et je croyais que ces affirmations positives me guideraient vers une réalité meilleure. Ben quoi? N’est-ce pas ce qu’on lit allègrement dans tous ces livres de développement personnel sur la loi d’attraction? Croyez-moi, je sais viscéralement que nos pensées impactent grandement notre vie et que notre réalité extérieure est entièrement le reflet de notre état intérieur. JUSTEMENT! Voilà où les choses se sont corsées pour moi, 3 semaines après cet évènement. Mon intérieur, cette partie inconsciente qui se fait entendre par nos ressentis, émotionnels et corporels, s’est soudain réveillé, tanné d’être enterré par mon discours positif conscient.

Vestiges de mon passé

Trois semaines ont suffit pour me repositionner face aux supposés vertus de la pensée positive. 21 jours avant que je doive arrêter ce manège pernicieux que ma tendance positive m’amenait. Oui : pernicieux, nuisible, dommageable, nocif… On nous répète à branle-bas de combat que le positif attire le positif et que d’orienter nos pensées vers la meilleure des situations est la recette pour vivre une vie pleine de sens et réaliser nos rêves.

Alors pourquoi qu’en cette 3e semaine suivant ce feu, malgré ma tendance à orienter vers le positif, les cauchemars ont débuté? Rêves traumatiques où j’appelais le 911 pour me sauver d’individus (toujours deux hommes) me pourchassant, et où j’étais en attente d’un standardiste : « votre appel est important pour nous, veuillez demeurer en ligne, un agent vous répondra sous peu », avec la musique d’ascenseur comme accompagnatrice de ce moment d’attente. Je ne comprenais pas, même dans cet état de sommeil, comment je pouvais être « en attente » en situation d’urgence. Ces cauchemars n’étaient que le 1er symptôme d’un état de stress post-traumatique. Premier symptôme car des douleurs physiques dans le corps, dont un ressemblant à un « coup de couteau » dans la hanche droite, me paralysa au moment ou j’entrai dans les vestiges de ma maison et où j’y compris et interprétai que « je n’avais plus de maison », plus de toit, plus de sécurité, plus d’ancrage… Coup de couteau m’empêchant d’avancer… Ensuite, crise d’angoisse et de panique m’ont visitée, chose que je n’avais auparavant vécue.

Je tentais de garder le cap avec tous les possibles que je recevais grâce à ce feu : j’allais enfin pouvoir avoir une maison de rêve, disaient mes propos conscients. Or, mon corps ne répondait plus à ces affirmations orientées vers le positif et ce sont les messages que mon inconscient tentaient de me transmettre que j’ai du écouter afin d’aller mieux. Long parcours s’ensuivit.

Plusieurs années où je dus faire face à toutes les mémoires stockées dans le disque dur de mon inconscient, qui décidèrent d’émerger à ma conscience, via divers malaises physiques et émotifs :

  • En voyant ces fameuses affiches sur les routes, arborant des pieds d’humain à la morgue et mentionnant que le feu brule mais que la fumée tue.
  • Lorsque le détecteur de fumée se déclenchait par un toast brulé.
  • Quand je croisais une sirène de pompier.
  • Lors de pratique d’évacuation d’incendie au boulot.

Normal, direz-vous, un rappel de l’incendie subit. En effet…

Mais cet état m’arrivait aussi lorsqu’on simulait (oui, lorsqu’on faisait semblant et que j’en étais consciente) un code noir (tireur fou ou alerte à la bombe) au boulot, et d’autres situations. Rien à voir avec le feu et pas non plus avec un réel acte dont j’aurais été témoin.

La pensée positive et ses limites

La pensée positive est certes l’UN des ingrédients principaux pour accomplir une vie où rêves et réalité se rencontrent. Or, elle n’est pas suffisante et est incomplète. Qui plus est, il est ardu de demeurer positif dans des évènements traumatiques. Il est même de mise de dire qu’il est positif et sain de vivre ses émotions considérées comme étant négatives. Oui, j’ai été en colère et oui j’ai eu beaucoup de peine. J’ai aussi eu peur, peur de perdre la vie, peur de perdre mes ancrages, peur de perdre ce que je considérais comme ma sécurité, mon cocon, mon nid. La maison, c’est quand même un symbole psychologique qui a une signification importante : nos fondations.

Je ne pouvais passer à côté de vivre ces ressentis qui criaient plus fort que mes affirmations positives, au travers ces crises de panique et cette angoisse persistante. Je dirais même que je devais les laisser s’exprimer, les laisser ÊTRE afin d’en libérer le message. Et le message étant que ce feu était l’élément déclencheur faisant revivre toutes les fois où ma vie fût réellement en danger ET toutes les fois où, enfant, je percevais (sans que réel danger de mort soit présent) que ma vie était en danger, par manque de ressources physiques et psychologiques pour faire face aux agents (et aux gens) agresseurs.

Bref, la pensée positive peut être dommageable quand elle sert à camoufler et à écraser les messages de l’inconscient. Cela reviendrait à être en déni. Notre programmation inconsciente (corps) est plus forte que la programmation consciente qu’une pensée positive cartésienne (tête) tente de faire.

Parcours d’un traumatisme

Je tentais de maitriser mes crises d’angoisse avec la rationalisation et la temporisation, mais mon corps était le boss, pas ma tête. Mon corps est un des langages que mon inconscient emprunte afin de me jaser sur les aspects importants de ma vie qui doivent passer par un ménage et un recadrage. Je lui suis reconnaissante de faire cette job sinon je sais que la somatisation via maux plus aigus se ferait.

Bref, ne font surface que les mémoires de mon passé qui sont prêtes à être revisitées à partir des nouvelles données, des nouvelles connaissances et par mes capacités présentes. Des traumas qui doivent être recadrés à partir de mon Soi actuel.

Nos réactions émotionnelles et nos ressentis corporels actuels ne sont que les symptômes d’une cause plus ancienne : une blessure émotive, un trauma, une mémoire que notre inconscient a, dans le passé, classifié dans la section « à faire plus tard ». Plus tard car au moment où ce classement a été fait, notre inconscient a considéré que nous n’avions ni les ressources, ni le support, ni le bon moment pour s’en occuper. Ressources que, maintenant devenus adultes, nous avons en nous.

Pour libérer ces mémoires, nul besoin de les identifier concrètement. Parfois un travail psychanalytique de longue haleine est requis. Or, plusieurs approches psycho-corporelles et psycho-énergétiques ont des résultats libérateurs puissants, et nécessitent moins de séances. C’est ce qui m’a le plus aidé, au-travers les soins énergétiques Tzifa, qui m’ont tellement fait de bien que j’en suis devenue une maitre-praticienne!

Aujourd’hui…

La fille positive en moi voit aujourd’hui le chemin parcouru depuis 7 ans. Grande libération et actualisation de moi. Je suis plus résiliente, je vis plus souvent le moment présent et j’ai trouvé une force tranquille pour traverser les périodes de vie plus turbulentes. J’ai rencontré des gens incroyables au-travers mon parcours, des êtres que je considère, pour plusieurs, des frères et des sœurs de cœur, une famille choisie. Je suis devenue naturopathe, et thérapeute psycho-énergétique, ce que je n’aurais découvert sans le feu de ma maison.

Même si aujourd’hui, des « couches » de ces vestiges refont encore surface, je sais mieux les reconnaitre et elles me permettent de continuer ce ménage de mon disque dur, qui devient de plus en plus libre. J’y fais de la place pour y emmagasiner des souvenirs plus concordants avec qui je suis aujourd’hui. J’ai aussi compris le concept que « tout est parfait », tout arrive pour une raison. Et, SURPRISE! J’ai compris la signification de ces cauchemars récurrents où 2 hommes me pourchassent et où je suis en attente de soutien et d’aide. Pudeur émotionnelle oblige, je ne partagerai point ici cette découverte que mon inconscient m’envoyait par ces rêves récurrents.

Bref, aujourd’hui « Je suis en Vie » et ai l’intention de la vivre pleinement. VIVRE pleinement en assumant tout ce que je suis. Je SUIS cette personne orientée vers le positif et les possibles de la vie, et je puis être ainsi grâce aussi à mes traumas qui m’apprennent à chaque récurrence, un peu plus sur ma force et ma vulnérabilité. Et je me rappelle que mon compte en banque de jours, de mois et d’années à mon actif m’est inconnu et peut m’être retiré n’importe quand.

Alors Go! Qu’est-ce qui me fera sentir en Vie aujourd’hui? Pas d’excuse, je passe à l’action!

 

 

 

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