Le sucre dans tous ses états – Partie 2

Le sucre dans tous ses états – partie 1 expliquait le concept de la glycémie et de l’importance des glucides (sucres) dans notre alimentation. Le sucre dans tous ses états –  partie 2 fait suite à cet article et aborde les sucres raffinés de notre alimentation.

Nostalgie…

Je suis toujours étonnée, lorsque je regarde les photos de mes proches prises dans les années 70, de les découvrir maigrichons au travers leurs pantalons à pattes d’éléphant, confectionnés dans un matériel synthétique douteux et moulant! Si vous vous y attardez, vous remarquerez que ces années semblaient arborer un moindre taux de gens ayant un surplus de poids. Que nous est-il arrivé depuis?

Des industriels agroalimentaires crapuleux!

Années 60, entendu lors d’une réunion des lobbyings agroalimentaires :

John : « Que pourrions-nous faire pour que le peuple achète plus de nos produits? »

Mark: « Le rendre accroc à nos aliments et faire en sorte qu’il en mange plus. »

John : « Bonne idée! Comment faire pour arriver à nos fins? »

Mark: « J’ai découvert un ingrédient qui agit comme une drogue pour le cerveau des gens. Son gout les ramène à des souvenirs réconfortants et apaisants de leur enfance et créerait une dépendance presque aussi grande que celle à la cocaïne. De plus, cet ingrédient magique, lui aussi blanc comme neige, est légal et son coût est minime! »

John : «  Mark! Arrête de me titiller et dis-moi quel est cet ingrédient magique! »

Mark : « Calme-toi, John! Tu dois d’abord signer nos accords de confidentialité afin de garder secrètes toutes les informations que nous dévoilerons ici. »

John : « Je suis calme, mais ce que tu me dis aujourd’hui, Mark, pourrait nous rendre multimilliardaires! Allez, fais-moi signer et dévoile-moi tout! »

Dans les années 1960, l’industrie du sucre aurait payé des scientifiques de l’Université Harvard pour minimiser les premières données qui commençaient à indiquer que les sucres pourraient être un facteur de risque pour les maladies coronariennes et jeter le blâme sur les graisses saturées, selon une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) Internal Medicine, relayée par le New York Times. (Source : L’industrie du sucre a payé des chercheurs pour blâmer les gras ).

Vers les années 1980, époque d’ailleurs où le taux d’obésité à commencé à augmenter, les agroalimentaires ont troqué les gras de leurs aliments par les sucres de toutes sortes. Aujourd’hui, les aliments transformés contiennent presque tous du sucre, et généralement, de médiocre qualité.

Bibitte à sucre, sors de mon corps!

Les sucres sont en fait les principales molécules incriminées dans le phénomène de la dépendance alimentaire, particulièrement les sucres ajoutés. On y parle de dépendance, que le DSM 6 ajouterait possiblement à son répertoire comme un nouveau trouble de la santé mentale!

Les sucres raffinés ont la capacité de moduler la chimie du cerveau au même titre que d’autres agents de dépendance pharmacologique. Les industriels savent que le sucre est addictif et en ajoutent partout. Des recettes qui traditionnellement n’exigent pas de sucre se sont vues ajouter cet ingrédient : pains, bouillons, sauces, craquelins, etc. Soyons vigilants et conscients de ces ajouts de sucre non nécessaires pour notre alimentation, en lisant minutieusement la liste d’ingrédients sur les étiquettes nutritionnelles.

La pente ascendante de notre consommation de sucre

Selon les données statistiques de l’Organisme mondial de la santé (OMS), chaque Canadien ingère, tous sucres confondus, 26 cuillères à café par jour de sucre, soit 21 % de son apport calorique total, selon des données datant de 2004. Des données plus récentes de Santé Canada mentionnent que la consommation de sucre est passée de 22 kg à 62 kg par année par habitant et ce taux dépasse les 75 kg chez les adolescents.

Le sucre raffiné

Le sucre raffiné ne contient aucun élément nutritif pour le corps, vole les réserves minérales et l’énergie du corps et perturbe le ratio calcium-phosphore, nécessaire à la santé des os. Le sucre porte la réputation d’être ce tueur silencieux du fait qu’il est des plus acidifiants et qui dit terrain acide dit terrain de jeu préféré des maladies (voir article La maladie ne peut s’établir dans un corps dont le pH est équilibré). Qui plus est, il incite les cellules cancéreuses à se développer par la fermentation qu’il crée. En fait, il nourrirait le cancer et activerait plusieurs autres maladies métaboliques, tels le diabète, l’hypoglycémie, le cholestérol et les problèmes de foie. Le diabète de type 2 serait en hausse fulgurante d’année en année et, selon le docteur Mark Hyman, le diabète n’est pas une vraie maladie fatale et permanente, mais plutôt un dérèglement biochimique au niveau du sucre et de l’insuline, qui pourrait se régulariser avec un régime sain, de l’activité physique et certains suppléments au départ.

Par sa haute tendance acidifiante, le sucre induit également de l’inflammation dans le corps et du mucus. Ces états amènent les problèmes de santé arthritiques : il devient ainsi l’huile qui alimente et active le feu.

La plupart d’entre nous ne naissent pas avec des cellules adipeuses anormales : c’est notre consommation de sucre qui ralenti la production d’insuline et l’incite à stocker les sucres excédents en cellules adipeuses. Tout sucre ajouté dans un aliment est un sucre nuisible, même s’il est considéré naturel. On entend par sucre ajouté tout sucre qui ne se retrouve pas naturellement dans l’aliment et que l’on insère dans la transformation. Le sucre raffiné est donc toxique, car non naturel pour notre organisme.

Les sucres qui demandent une forte production d’insuline sont ceux avec un indice glycémique (IG) élevé. Généralement, les sucres transformés ont un IG très élevé, amenant d’autres complications au niveau de la santé. Pour savoir si un aliment contient du sucre ajouté, recherchez les termes finissant en « ose » : fructose, sucrose, lactose, maltose, galactose, mais aussi les autres termes suivants : miel, sucre, sirop de glucose déshydraté, de canne, sirop de mais, d’agave et autres sirops, mélasse, jus de canne, cassonade, etc. Si ces mots figurent en tête de la liste, ceci signifie que cet aliment est plutôt sucré. Opter pour la version comparable « sans sucre ajouté » ou à « teneur réduite en sucre » peut alors être une bonne option.

Attention!

Soyez quand même vigilant et lisez attentivement la liste d’ingrédients, pas seulement les emballages. J’ai observé que certains emballages de produits affichaient « sans sucre ajouté » et « avec stévia » (sucrant naturel), et, lorsque j’ai lu la liste des ingrédients, le premier était le « maltitol », alors que le stévia se retrouvait très loin en bas de liste. Curieuse, je cherchai, à l’aide de mon téléphone intelligent, quel était ce premier ingrédient de la liste de ce fameux chocolat « sans sucre ajouté ». J’y découvris que le maltitol est un additif alimentaire chimique utilisé comme édulcorant de masse pour remplacer le sucre. De plus, notre corps est incapable de le digérer, ce qui créerait des ballonnements et gaz, et un effet diurétique! Neuromarketing et manipulation de l’information encore à l’œuvre ici!

Comme nous l’avons vu dans la partie 1 de cet article, le pancréas a la tâche de produire de l’insuline afin de réguler le sucre sanguin en le transformant en énergie. Un haut taux de sucre sanguin, généré par tous les types de sucres, bons et mauvais, demande à notre pancréas de créer plus d’insuline qu’il est capable d’en métaboliser. Si nous mangeons trop de sucre, l’usine productrice d’insuline dont le pancréas a la charge, ne fournit plus à la demande, ce qui incite l’organisme à envoyer les excédents de sucres dans l’entrepôt des gras

Le fructose

Le fructose, que l’on retrouve sous forme naturelle dans les fruits et le miel, fait la controverse à l’égard de ses bienfaits ou non sur la santé, du fait qu’on le retrouve aussi sous forme concentrée et raffinée (dans les jus de fruits, par exemple). Quand on trouve du fructose dans les aliments naturels (tels les fruits), il est toujours accompagné d’enzymes, d’eau, de vitamines, de minéraux, de fibres et de pectine, et il est naturellement mélangé à d’autres sucres, ce qui le rend digestible. Le fructose concentré, lui, est obtenu par un processus de raffinement, de façon artificielle. Lorsque vous mangez des fruits, le fructose, grâce aux fibres des fruits, est absorbé lentement avant de passer par votre foie qui va le transformer en énergie immédiatement disponible. Par ailleurs, le fructose concentré, va directement dans le foie et crée du gras corporel, responsable des cirrhoses du foie dites « foie gras » et des stéatoses, où l’abdomen est ballonné, sensible et enrobé de trop de gras toxique.

Les édulcorants artificiels

Les édulcorants artificiels contenant de l’aspartame, vendus sous diverses marques, ne sont pas une alternative santé à considérer. Ils sont soupçonnés de causer la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaques, le lupus, le syndrome de la fatigue chronique, la fibromyalgie, en plus d’une quantité incroyable d’autres symptômes de maladie et de dysfonction.  Tout comme le sel le fait pour la voiture, les édulcorants artificiels, dont l’aspartame, auraient le même effet érosif sur notre cerveau et notre moelle épinière.

Autre élément sur lequel on nous a menti: l’aspartame ne ferait pas maigrir, mais plutôt grossir! Les succédanés artificiels de sucre induisent un message au cerveau que celui-ci recevra du sucre. Ce faux message « sucre », envoyé au cerveau, se répercute au niveau du pancréas qui excrète alors de l’insuline à titre préventif. Qui plus est, le corps et le cerveau sont en attente de leur dose de sucre, créant ainsi un manque. Privé de ce sucre attendu, le corps se reprend lors du repas suivant en ingurgitant plus de calories, préconisant ainsi la prise de poids inévitable.

Boissons gazeuses et énergétiques

Une portion de boissons gazeuse ou énergétique contient l’équivalent de 8 à 10 cuillerées à café de sucre. En consommer une cannette contraint 50% de votre système immunitaire à contrer ses poisons pendant quatre heures de temps! Ajouter une deuxième portion dans la journée et voilà votre pancréas soumis à la difficile tâche et à l’incapacité de gérer autant de sucre en si peu de temps. Cet effet s’applique également pour les versions légères avec aspartame. Ce choix de boissons n’en est pas un bon si vous désirez augmenter votre niveau d’énergie. C’est le processus de détoxination (processus par lequel un organisme inactive les substances toxiques) qu’enclenche notre corps qui crée un boost temporaire d’adrénaline puis une baisse considérable d’énergie, et non les qualités nutritionnelles du breuvage…

À titre d’exemple, voici quelques aliments et l’équivalent de sachets de sucre contenus dans une portion. Chaque sachet de sucre représente 5 grammes de glucides.

Aliment Sachets de sucre
Boisson gazeuse régulière (1 canette) 7 à 10
Muffin commercial son et raisins secs
(1 gros)
14
Jus d’orange sans sucre ajouté (250 ml) 4
Beigne glacé (1) 7
Céréales commerciales diverses (1 tasse) 7 à 10
Barre granola (1) 4 à 6
Eau vitaminée (591 ml) 5
Friandise au chocolat (1 barre de 43 g) 4
Lait frappé au chocolat (250 ml) 6,5
Thé glacé (1 canette) 6
Boisson énergisante (250 ml) 5

 

Tel que vu dans la partie 1 de cet article, les glucides font partie intégrante d’une saine alimentation lorsque consommés sous leurs formes naturelles ou complexes (sucre naturellement créé par les aliments à haute teneur en fibres). Or, les sucres raffinés sont pour leur part inutiles et nocifs. Qui plus est, plus on consomme de sucres raffinés, plus notre corps en demande, plus notre glycémie fluctue et plus nous mangeons d’aliments à haute teneur calorique avec un faible apport en nutriments.

L’idéal étant de réduire totalement notre consommation de sucre ajouté et raffiné. Tout comme n’importe laquelle autre drogue, la méthode consiste à s’abstenir d’en ingérer afin de déconditionner l’organisme de son besoin. Ce sevrage amène évidemment les mêmes désagréments que tout autre sevrage de substance : fatigue, irritabilité, migraine, insomnie, etc.

Avec le temps, il est possible de réintégrer de faibles doses de sucres, que votre corps sevré recevra plus intensément. Ayant moi-même arrêté la consommation de sucres raffinés, il m’est maintenant difficile d’en manger sans avoir des symptômes déplaisants : tremblements, chute de pression, hyperactivité, fatigue soudaine, migraine, etc. Or, je ne me prive pas d’un bon dessert, si le cœur m’en dit, mais deux à trois bouchées suffisent généralement pour me contenter. Et que dire d’un fin chocolat noir où subtilité d’un cacao de qualité se mélange avec arôme de sel marin… Mioum!

Lire Le sucre dans tous ses états – partie 1

Extrait tiré du livre « Réveillez le médecin en vous – Guide pour prendre votre santé en main » – éditions ATMA

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